Un exosquelette professionnel peut-il être financé par l’Assurance Maladie ? Existe-t-il des aides pour les entreprises qui souhaitent prévenir les TMS ou aménager le poste d’un salarié ?

La réponse est oui dans certaines situations, mais il n’existe pas un remboursement automatique de tous les exosquelettes.

Le financement dépend notamment de la situation du salarié, du projet de l’entreprise et du dispositif d’aide sollicité.

C’est une distinction importante, car les exosquelettes destinés à la prévention des contraintes physiques au travail ne répondent pas aux mêmes usages que les exosquelettes robotisés utilisés dans le domaine médical.

Exosquelette médical et exosquelette professionnel : deux usages différents

Le mot « exosquelette » recouvre aujourd’hui des technologies très différentes.

Certains dispositifs motorisés sont conçus pour accompagner la marche ou la mobilité de personnes présentant certaines limitations fonctionnelles. Ils relèvent d’une logique médicale ou de rééducation.

Les exosquelettes professionnels passifs, eux, sont destinés à l’assistance physique au travail.

Ils fonctionnent généralement sans moteur ni batterie et cherchent à réduire les sollicitations liées à certaines tâches : manutention, flexions répétées, travail penché ou maintien prolongé des bras en hauteur.

Cette distinction est essentielle lorsqu’on parle de financement.

Un exosquelette professionnel n’est pas automatiquement un dispositif médical et son achat n’est pas automatiquement remboursé par l’Assurance Maladie.

Dans quels cas un exosquelette professionnel peut-il être financé ?

L’exosquelette répond à une situation individuelle de handicap ou de maintien dans l’emploi Lorsqu’un salarié bénéficie d’une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) ou d’une situation nécessitant un aménagement spécifique de son poste, des dispositifs de compensation peuvent être mobilisés.

Le projet doit être étudié avec les acteurs compétents et, selon la situation, avec le médecin du travail.

Des organismes comme l’Agefiph dans le secteur privé ou le FIPHFP dans la fonction publique peuvent notamment intervenir dans le financement de certaines aides destinées à compenser une situation de handicap.

Dans ce contexte, l’exosquelette peut être envisagé comme un moyen d’aménagement ou de compensation du poste, lorsque son utilisation est pertinente.

Il ne s’agit donc pas d’un remboursement automatique : le financement dépend de l’évaluation de la situation et des critères du dispositif concerné.

L'Assurance Maladie peut-elle financer un exosquelette ?

Oui, dans certaines conditions

L’Assurance Maladie – Risques professionnels propose aujourd’hui la Subvention Prévention des risques ergonomiques, destinée à aider les entreprises à réduire l’exposition de leurs salariés à certains facteurs de risques ergonomiques, notamment les manutentions manuelles de charges et les postures pénibles. (Ameli)

S’ils sont préconisés par la médecine du travail, les exosquelettes peuvent faire l’objet d’une aide financière lorsqu’ils relèvent d’un aménagement de poste individuel, selon les conditions du dispositif. (Ameli)

Cela signifie qu’il faut vérifier l’éligibilité du projet avant de considérer l’aide comme acquise. Mais attention, les règles, équipements éligibles, montants et conditions peuvent évoluer.

Et pour une démarche de prévention des TMS ?

L’entreprise peut également engager une démarche globale de prévention des troubles musculosquelettiques. L’Assurance Maladie – Risques professionnels propose notamment TMS Pros, une démarche structurée en quatre étapes permettant d’identifier les situations de travail à risque, de les analyser et de construire un plan d’action. (Ameli)

La prévention ne consiste donc pas simplement à acheter un équipement.

Avant de choisir un exosquelette, il est pertinent de se demander :
• quelle tâche génère la contrainte
• quelle posture ou quel effort doit être réduit
• quelles solutions techniques ou organisationnelles existent
• si l’exosquelette répond réellement au problème
• et comment les utilisateurs vont l’intégrer dans leur travail.

L’exosquelette doit être considéré comme un outil parmi les solutions possibles de prévention.

Quelles autres aides peuvent financer un exosquelette ?

L’Assurance Maladie n’est pas le seul interlocuteur possible.

Selon la situation de l’entreprise, du salarié et du secteur d’activité, d’autres organismes peuvent être concernés.

Agefiph et FIPHFP

Pour les situations de handicap et de maintien dans l’emploi, l’Agefiph et le FIPHFP peuvent être sollicités selon les règles applicables au projet.

MSA

Les entreprises relevant du régime agricole peuvent également se rapprocher de la MSA, notamment lorsqu’un projet concerne la prévention des risques professionnels dans le secteur agricole.

Secteur du BTP

Les entreprises du bâtiment peuvent également être accompagnées par les organismes de prévention du secteur, notamment l’OPPBTP, selon la nature du projet.

Établissements de santé – ARS

Dans les établissements sanitaires et médico-sociaux, les projets peuvent également être étudiés par l’ARS dans le cadre des démarches de prévention des risques professionnels et des dispositifs propres au secteur.

Attention : une aide financière ne signifie pas que l'exosquelette est automatiquement adapté

C’est un point essentiel.

Obtenir une aide ne doit jamais être le point de départ du choix d’un exosquelette.

Le premier sujet reste le poste de travail.

Un exosquelette peut être très efficace pour une tâche et totalement inadapté à une autre.

Par exemple, un dispositif conçu pour accompagner le travail penché ne répondra pas nécessairement au besoin d’un salarié qui travaille principalement les bras au-dessus des épaules.

Le choix doit donc commencer par une analyse de la situation de travail, puis par un essai du matériel en conditions réelles.

Comment savoir si mon entreprise peut obtenir une aide ?

Il n’existe pas une réponse unique.

Le financement dépend notamment :
• du statut de l’entreprise
• du secteur d’activité
• du nombre de salariés
• de la situation du salarié concerné
• du type d’exosquelette
• de son usage
• de la nature du projet : prévention ou compensation individuelle
• et des conditions du dispositif au moment de la demande.

Les modalités de financement évoluant régulièrement, il est indispensable de vérifier les critères en vigueur avant l’achat.

Pour les aides de l’Assurance Maladie – Risques professionnels, la demande et les conditions doivent notamment être vérifiées auprès de la caisse régionale compétente. L’Assurance Maladie indique également que les demandes de subvention passent par le compte entreprise et recommande de se rapprocher de la Carsat, de la Cramif ou de la CGSS pour l’étude du dossier. (Ameli)

Combien coûte un exosquelette professionnel ?

Le prix varie fortement selon la technologie, le niveau d’assistance et le type d’utilisation.

Les exosquelettes passifs destinés à la prévention professionnelle sont généralement beaucoup plus accessibles que les systèmes robotisés complexes.

Mais le prix d’achat ne doit pas être le seul critère.

Pour une entreprise, il faut également prendre en compte :
• le nombre d’utilisateurs
• la fréquence d’utilisation
• l’accompagnement et la formation
• les éventuels accessoires
• la maintenance
• et surtout l’adoption réelle par les salariés.

Un exosquelette qui reste dans un placard coûte toujours trop cher, même s’il était peu coûteux à l’achat.

Comment réussir un projet d'exosquelette en entreprise ?

L’expérience montre qu’un projet d’exosquelette fonctionne mieux lorsqu’il ne se résume pas à une commande de matériel.

Nous recommandons généralement une démarche en plusieurs étapes :

1. Identifier les situations de travail à risque

Quels gestes, postures ou efforts sont réellement problématiques ?

2. Définir le besoin d’assistance

Dos ? Bras ? Manutention ? Travail penché ? Travail bras en hauteur ?

3. Tester plusieurs solutions

Le confort et la liberté de mouvement sont aussi importants que le niveau d’assistance.

4. Faire participer les utilisateurs

L’acceptation par les opérateurs est déterminante.

5. Mesurer l’utilisation dans le temps

Un essai réussi ne signifie pas nécessairement que l’équipement sera porté durablement.

6. Vérifier les possibilités de financement

Une fois le projet défini, les dispositifs d’aide correspondant à la situation peuvent être étudiés.

En résumé : l'Assurance Maladie rembourse-t-elle les exosquelettes ?

Pas automatiquement.

En revanche, en 2026, certains exosquelettes peuvent entrer dans des dispositifs d’aide financière, notamment lorsqu’ils sont utilisés dans le cadre d’un aménagement individuel du poste préconisé par la médecine du travail, sous réserve des conditions d’éligibilité. (Ameli)

L’Assurance Maladie – Risques professionnels propose également des dispositifs plus larges de prévention des risques ergonomiques et des TMS. (Ameli)

La bonne démarche consiste donc à :

Identifier le besoin → analyser le poste → tester l’exosquelette → vérifier l’éligibilité aux aides → puis investir.

Chez EXOFAIR, nous pouvons vous accompagner dans l’identification de la solution la plus adaptée à votre situation et vous aider à préparer votre projet d’essai.

Vous avez un projet d’exosquelette ?

Décrivez nous votre situation de travail. Nous vous orientons vers la solution la plus adaptée et vous indiquons les points à vérifier concernant les possibilités de financement.

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