Le vieillissement de la population active est devenu un enjeu majeur pour les entreprises.
Les carrières s’allongent, certains métiers restent physiquement exigeants et les entreprises doivent trouver de nouvelles solutions pour permettre aux salariés de travailler plus longtemps dans de bonnes conditions.
Dans ce contexte, la prévention des troubles musculosquelettiques (TMS), l’adaptation des postes et le maintien dans l’emploi prennent une importance croissante.
Parmi les solutions disponibles, les exosquelettes professionnels peuvent apporter une réponse concrète à certaines situations de travail particulièrement contraignantes.
Ils ne constituent évidemment pas une solution à eux seuls. Mais lorsqu’ils sont intégrés dans une démarche ergonomique globale, ils peuvent contribuer à réduire certaines sollicitations physiques et à rendre certains postes plus soutenables dans la durée.
Le vieillissement de la population active change la donne
La question du vieillissement ne concerne plus uniquement les politiques de retraite.
Elle concerne directement les entreprises et leurs organisations du travail.
Un salarié de 55 ou 60 ans n’est pas nécessairement moins capable de travailler qu’un salarié plus jeune. En revanche, l’exposition répétée à certaines contraintes physiques peut devenir plus difficile à supporter au fil des années.
Manutentions répétées, flexions du dos, travail prolongé penché, gestes répétitifs ou maintien des bras en hauteur peuvent contribuer à une usure physique lorsqu’ils sont réalisés quotidiennement pendant de nombreuses années.
L’enjeu est donc moins de demander aux salariés de « tenir » jusqu’à la retraite que de concevoir des conditions de travail compatibles avec des carrières plus longues.
Maintien dans l'emploi : agir avant l'apparition des difficultés
Le maintien dans l’emploi est souvent abordé lorsqu’une difficulté est déjà installée : restriction médicale, limitation fonctionnelle, arrêt de travail répété ou risque d’inaptitude.
Mais une politique efficace de prévention doit intervenir plus tôt.
Adapter un poste ne signifie pas nécessairement supprimer la tâche ou changer de métier.
Cela peut également consister à :
• modifier l’organisation du travail
• réduire les manutentions inutiles
• utiliser des aides mécaniques
• adapter les hauteurs de travail
• revoir les flux et l’aménagement du poste
• alterner les tâches
• ou utiliser une assistance physique lorsque celle-ci est pertinente.
L’objectif est de réduire l’exposition aux contraintes avant qu’elles ne deviennent un facteur d’exclusion du travail.
Les TMS : un enjeu majeur pour les carrières longues
Les troubles musculosquelettiques représentent une part importante des problèmes de santé liés au travail.
Ils concernent notamment le dos, les épaules, les coudes, les poignets et les membres inférieurs.
Dans les métiers physiques, la répétition des gestes et l’exposition prolongée à certaines postures peuvent devenir particulièrement problématiques.
Pour une entreprise, les conséquences dépassent d’ailleurs la seule question médicale :
• absentéisme
• difficultés de remplacement
• désorganisation des équipes
• restrictions d’aptitude
• perte d’expérience
• reclassements
• et, dans certains cas, sortie prématurée de l’emploi.
Prévenir les contraintes physiques est donc aussi une manière de préserver les compétences et l’expérience présentes dans l’entreprise.
Exosquelette professionnel : une solution pour réduire certaines contraintes physiques
C’est dans ce contexte que les exosquelettes professionnels peuvent trouver leur place.
Un exosquelette d’assistance physique ne transforme pas un salarié en « surhomme ».
Il ne supprime pas l’effort et ne doit pas être utilisé pour augmenter les charges manipulées.
Son rôle est différent : apporter une assistance ciblée lors de certaines phases particulièrement contraignantes d’une tâche.
Un exosquelette de dos peut par exemple accompagner les mouvements de flexion et de redressement lors de certaines manutentions.
Un exosquelette de membres supérieurs peut, selon sa conception, accompagner les tâches réalisées avec les bras maintenus en hauteur.
L’intérêt est donc directement lié au poste de travail.
L'exosquelette ne remplace pas l'ergonomie
C’est probablement le point le plus important lorsqu’une entreprise envisage cette technologie.
Un exosquelette ne doit pas être utilisé pour compenser un poste de travail mal conçu.
Avant d’introduire un équipement d’assistance, il faut rechercher les possibilités de supprimer ou de réduire la contrainte à sa source.
Par exemple :
Peut-on supprimer la manutention ?
Peut-on utiliser un moyen de levage ?
Peut-on modifier la hauteur de travail ?
Peut-on rapprocher la charge de l’opérateur ?
Peut-on modifier l’organisation ou la cadence ?
Si ces solutions ne permettent pas de supprimer suffisamment la contrainte, un exosquelette peut alors être étudié comme une solution complémentaire.
Cette approche est cohérente avec les principes généraux de prévention : la technologie vient compléter l’action ergonomique, elle ne la remplace pas.
Exosquelette et vieillissement au travail : quels bénéfices attendre ?
Il faut rester précis.
Un exosquelette ne « rajeunit » pas le salarié et ne permet pas de neutraliser les effets du vieillissement.
En revanche, une assistance physique peut contribuer à réduire certaines sollicitations lors d’une tâche donnée.
Selon le modèle et l’activité, les objectifs peuvent être de :
• diminuer les efforts ressentis
• réduire certaines contraintes sur le dos
• accompagner les mouvements de manutention
• faciliter certaines postures
• améliorer le confort pendant une tâche répétitive
• permettre de mieux supporter certaines contraintes physiques.
Le bénéfice attendu doit donc être défini en fonction de la situation de travail, et non du seul âge de l’utilisateur.
Peut-on utiliser un exosquelette pour maintenir un salarié dans son emploi ?
Oui, dans certaines situations, mais il faut distinguer prévention et compensation.
Dans une démarche de prévention, l’exosquelette peut être proposé à plusieurs salariés exposés à une même contrainte physique.
Dans une situation individuelle de maintien dans l’emploi, l’équipement peut également être étudié comme une solution d’aménagement du poste, notamment lorsqu’une préconisation médicale existe.
Dans tous les cas, le médecin du travail et les professionnels de la prévention restent des interlocuteurs essentiels.
Un exosquelette professionnel n’est pas un dispositif médical et ne doit pas être présenté comme une solution permettant de contourner une restriction médicale.
Les salariés âgés sont-ils les seuls concernés ?
Non. C’est même une erreur de présenter l’exosquelette uniquement comme une technologie destinée aux salariés vieillissants.
Un jeune salarié peut être exposé à une manutention répétitive.
Un salarié expérimenté peut parfaitement ne ressentir aucune difficulté particulière.
La logique doit donc être celle de l‘exposition au risque et des contraintes du poste, et non simplement celle de l’âge.
L’exosquelette peut ainsi intéresser des professionnels de générations différentes lorsqu’ils réalisent des tâches nécessitant une assistance physique.
Pourquoi la simplicité et la légèreté sont essentielles ?
Pour être utile dans la durée, un exosquelette doit être accepté par ses utilisateurs.
C’est particulièrement important dans les métiers où l’on alterne les déplacements, les manutentions et les changements de posture.
Un dispositif trop lourd ou trop encombrant peut rapidement devenir une contrainte supplémentaire.
Les exosquelettes passifs et notamment les modèles textiles ont justement évolué dans cette direction : réduire le poids et l’encombrement tout en conservant une assistance mécanique utile.
L’objectif n’est pas que le salarié sente constamment qu’il porte une technologie.
L’objectif est qu’il puisse travailler normalement, avec une assistance lorsqu’il en a besoin.
Comment intégrer un exosquelette dans une démarche de prévention ?
L’achat d’un exosquelette ne devrait jamais constituer la première étape.
Une démarche efficace peut suivre plusieurs étapes.
1. Identifier les tâches contraignantes
Quelles sont les postures, les gestes ou les manutentions qui posent réellement problème ?
2. Chercher les solutions à la source
Peut-on supprimer, automatiser ou mécaniser la tâche ?
3. Définir le besoin d’assistance
Si une assistance physique reste pertinente, quelle partie du corps faut-il cibler ?
4. Tester le matériel
Un essai en conditions réelles permet de vérifier l’adéquation entre l’exosquelette et le poste.
5. Faire participer les utilisateurs
L’acceptation par les salariés est déterminante.
6. Évaluer l’utilisation dans le temps
L’objectif n’est pas simplement de constater que l’exosquelette fonctionne lors d’une démonstration, mais qu’il est réellement utilisé dans le quotidien professionnel.
Exosquelettes : un outil parmi les réponses au vieillissement au travail
Le vieillissement de la population active ne sera pas résolu par une technologie unique.
Il nécessite probablement de repenser plus largement la manière dont les entreprises conçoivent les postes de travail, organisent les carrières et préservent les compétences.
Dans les métiers physiques, les exosquelettes peuvent néanmoins constituer un outil concret parmi d’autres.
Ils sont particulièrement intéressants lorsque la tâche reste nécessaire mais qu’il est difficile d’en supprimer totalement la contrainte physique.
C’est là que l’assistance physique prend tout son sens : ne pas remplacer le professionnel, mais lui permettre de réaliser son travail avec moins de sollicitation physique.
Prévenir l'usure professionnelle pour préserver l'expérience
Un salarié expérimenté représente bien davantage qu’une force de travail disponible.
Il possède des compétences, des habitudes professionnelles, une connaissance des équipements et une expérience qui sont souvent difficiles à remplacer.
Préserver sa capacité à exercer son métier dans de bonnes conditions est donc également un enjeu de transmission des savoir-faire.
Dans cette perspective, la prévention des TMS et l’adaptation des postes ne doivent pas être considérées uniquement comme des dépenses.
Elles participent aussi à une politique de maintien des compétences et de prévention de l’usure professionnelle.
Les exosquelettes peuvent y contribuer lorsqu’ils répondent réellement à un besoin identifié.
Exosquelette et maintien dans l'emploi : ce qu'il faut retenir
Le vieillissement de la population active impose aux entreprises de réfléchir à des conditions de travail compatibles avec des carrières plus longues.
Les exosquelettes professionnels ne constituent ni une solution miracle ni un substitut à l’ergonomie.
Mais dans certaines situations, ils peuvent apporter une assistance physique concrète et contribuer à réduire la pénibilité de tâches existantes.
Leur intérêt repose sur trois conditions :
Le bon poste.
L’assistance doit répondre à une contrainte réellement identifiée.
Le bon équipement.
Le modèle doit être adapté aux mouvements, à l’environnement et à la morphologie des utilisateurs.
La bonne démarche.
L’exosquelette doit s’intégrer dans une politique globale de prévention et de maintien dans l’emploi.
C’est à cette condition que cette technologie peut devenir autre chose qu’une innovation supplémentaire : un véritable outil de prévention au service de carrières plus longues et plus soutenables.
Vous réfléchissez à l'utilisation d'un exosquelette dans votre entreprise ?
Avant de choisir un modèle, il est essentiel d’identifier précisément les contraintes du poste et les besoins des utilisateurs.
EXOFAIR vous accompagne dans l’analyse du besoin et l’essai d’exosquelettes professionnels en situation réelle.